La Servante écarlate

Hello ! Hello !

Aujourd'hui, présentation et critique du livre La Servante écarlate de Margaret Atwood, paru en 1985. 

Dystopie sur un monde plus ou moins lointaine où la religion a pris le dessus sur toute chose, La Servante écarlate nous narre l'histoire de Defred, servante constamment vêtue de rouge et dont l'existence se résume désormais à servir de mère porteuse. Dans ce monde où les femmes ont perdus tout ce qu'elles ont durement gagné au fil des ans (droit à l'avortement, au vote, à la liberté d'expression et de possession, à l'amour choisi et consentit, etc.) nous suivons la vie de cette jeune servante, autrefois épouse et mère comblée, son combat pour rester maitresse d'elle-même et s'intégrer dans cette société codifiée et totalitarisée. 

Je dois avouer que les dystopies ne sont pas forcément mon premier choix de lecture mais quand je tombe sur un grand classique tel que Le Meilleur des mondes ou celui-ci, la fan de littérature en moins tend irrévocablement la main pour s'en saisir. Cette fois, j'aurai peut-être du m'abstenir...

Vous l'aurez deviner, je n'ai pas particulièrement aimé ce livre. Bien que très enthousiaste à son début, j'ai eu de plus en plus de peine à poursuivre ma lecture, la trouvant longue et fastidieuse. Deux raisons principales à cela.

La première tient à l'écriture du roman. En effet, Margaret Atwood ponctue son récit de flashback récurrent visant à nous expliquer comment le monde, la société et Defred, en sont arrivés à ce point de leur existence. Jusque là, l'intention est louable et même logique. Cependant, ces fameux flashbacks ne sont jamais, au grand jamais, annoncés. Ils apparaissent dans l'histoire sans que l'on ne s'y attendent, rendant la lecture difficile. Il faut un cerveau bien accroché et être bien éveillé pour tout comprendre ! D'un paragraphe à l'autre, des souvenirs surviennent, le plus souvent sans réel lien avec ce que disait Defred quelques instants plus tôt. Ce va et vient incessant et kaléidoscopique m'a souvent donné mal à la tête. Pas forcément une très bonne idée quand on veut une lecture détente avant d'aller faire dodo si vous voulez mon avis...

La seconde raison est que je suis restée sur ma faim... On nous annonce dans le résumé que Defred s'infiltre dans un réseau qui lui permettra de s'enfuir et de démarrer une nouvelle vie. A aucun moment je ne me suis rendue compte qu'elle était entrée dans ce réseau. Je ne suis même pas sûre qu'elle l'ait su elle-même. Certes elle a des échanges avec une autre servante écarlate à ce propos mais cela reste tellement subtile que ne je me suis jamais dit "la voilà dans le réseau ! Elle va bientôt s'échapper !". Tout au long, j'ai attendu ce fameux moment où elle prendrait la poudre d'escampette et nous parlerait du début de sa nouvelle vie. Tout au long j'ai persévérée dans l'espoir de savoir ce qu'il se passe quand une servante parvient à s'enfuir. Jamais je n'ai eu la réponse. 

Le roman se termine sur le "kidnapping-sauvetage" de Defred. Mais on ne sait à aucun moment que cela va se passer, ni même ce qu'il advient d'elle dès lors qu'elle monte dans le van qui est venu la chercher. Le récit se fini à mon sens en queue de poisson et c'est bien dommage. 

A côté de cela, j'ai trouvé intéressant l'idée de l'autrice d'imaginer une société où tout ce que nous avons dûment gagner, hommes comme femmes d'ailleurs, nous est soudainement arraché. Plus le droit à seconde union après un divorce (ni même à un divorce d'ailleurs). L'homosexualité reprend le statut de tare et doit être caché, oublié, répugné. La femme n'a plus le droit de travailler, de posséder un compte bancaire. Les quelques femmes encore fertiles sont transformés en servante écarlate, destinées à servir les commandants et leurs épouses, à leur donné un enfant. Vous réussissez à mettre au monde trois enfants mais aucun n'est jugé "bon", vous être expédié dans les camps où sont envoyés ceux qui ont refusé de se convertir ou qui ont tenté de s'enfuir. Comme beaucoup de dystopie, cette histoire nous fait nous remettre en question sur ce que nous sommes, sur ce que nous avons. Elle nous fait réfléchir à ce qui est important, à ce qui doit changer et à ce qui ne devrait jamais arriver. 

Trouvé dans une boite aux livres, ce roman y est rapidement retourné contrairement à d'autre que j'ai conservé. Mais peut-être que vous prendrez plus de plaisir que moi à laisser trainer vos pas sur ces pages.

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